Les voyages en train

Les voyages en train
J'crois que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard.

Les trains démarrent souvent au moment où l'on s'y attend le moins,
Et l'histoire d'amour t'emporte sous l'oeil impuissant des témoins,
Les témoins c'est tes potes qui te disent au revoir sur le quai,
Ils regardent le train s'éloigner avec un sourire inquiet,
Toi aussi tu leur fais signe et t'imagines leurs commentaires,
Certains pensent que tu te plantes et que t'as pas les pieds sur terre,
Chacun y va de son pronostic sur la durée du voyage,
Pour la plupart le train va derailler dès le premier orage.

Le grand amour change forcément ton comportement,
Dès le premier jour faut bien choisir ton compartiment,
Siège couloir ou contre la vitre il faut trouver la bonne place,
Tu choisis quoi une love story de première ou d'seconde classe.

Dans les premiers kilomètres tu n'as d'yeux que pour son visage,
Tu calcules pas derrière la fenêtre le défilé des paysages,
Tu te sens vivant tu te sens léger tu ne vois pas passer l'heure,
T'es tellement bien que t'as presque envie d'embrasser le contrôleur.

Mais la magie ne dure qu'un temps et ton histoire bât de l'aile,
Toi tu te dis que tu n'y es pour rien et que c'est sa faute à elle,
Le ronronnement du train te saoûle et chaque virage t'écoeure,
Faut que tu te lèves que tu marches tu vas te dégourdir le coeur.

Et le train ralentit et c'est déjà la fin de ton histoire,
En plus t'es comme un con tes potes sont restés à l'autre gare,
Tu dis au revoir à celle que t'appelleras désormais ton ex,
Dans son agenda sur ton nom elle va passer un coup de tipp-ex.

C'est vrai que les histoires d'amour c'est comme les voyages en train,
Et quand je vois tous ces voyageurs parfois j'aimerais en être un,
Pourquoi tu crois que tant de gens attendent sur le quai de la gare,
Pourquoi tu crois qu'on flippe autant d'arriver en retard.

Pour beaucoup la vie se résume à essayer de monter dans le train,
A connaître ce qu'est l'amour et se découvrir plein d'entrain,
Pour beaucoup l'objectif est d'arriver à la bonne heure,
Pour réussir son voyage et avoir accès au bonheur.

Il est facile de prendre un train encore faut-il prendre le bon,
Moi je suis monté dans deux trois rames mais c'était pas le bon wagon,
Car les trains sont capricieux et certains sont inaccessibles,
Et je n'crois pas tout le temps qu'avec la SNCF c'est possible.

Il y a ceux pour qui les trains sont toujours en grève,
Et leurs histoires d'amour n'existent que dans leurs rêves,
Et y'a ceux qui foncent dans le premier train sans faire attention,
Mais forcément ils descendront déçus à la prochaine station,
Y'a celles qui flippent de s'engager parce qu'elles sont trop émotives,
Pour elles c'est trop risqué de s'accrocher à la locomotive,
Et y'a les aventuriers qu'enchaînent voyage sur voyage,
Dès qu'une histoire est terminée ils attaquent une autre page.

Moi après mon seul vrai voyage j'ai souffert pendant des mois,
On s'est quittés d'un commun accord mais elle était plus d'accord que moi,
Depuis je traîne sur le quai j'regarde les trains au départ,
Y'a des portes qui s'ouvrent mais dans une gare je me sens à part.

Il paraît que les voyages en train finissent mal en général,
Si pour toi c'est le cas accroche-toi et garde le moral,
Car une chose est certaine y'aura toujours un terminus,
Maintenant tu es prévenu, la prochaine fois tu prendras le bus.

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# Posté le lundi 21 août 2006 12:14

Ma tête, mon coeur et mes couilles

Ma tête, mon coeur et mes couilles
Le corps humain est un royaume où chaque organe veut être le roi
Il y a chez l'homme 3 leaders qui essaient d'imposer leur loi
Cette lutte interne permanente est la plus grosse source d'embrouilles
Elle oppose depuis toujours la tête, le coeur et les couilles
Que les demoiselles nous excusent si on fait des trucs chelous
Si un jour on est des agneaux et que le lendemain on est des loups
C'est à cause de ce combat qui s'agite dans notre corps
La tête, le coeur, les couilles discutent, mais ils sont jamais d'accord
Mon coeur est une vraie éponge, toujours prêt à s'ouvrir
Mais ma tête est un soldat qui se laisse rarement attendrir
Mes couilles sont motivées, elles aimeraient bien pécho cette brune
Mais y'en a une qui veut pas, putain ma tête me casse les burnes
Ma tête a dit à mon coeur qu'elle s'en battait les couilles
Si mes couilles avaient mal au coeur et que ça créait des embrouilles
Mais mes couilles ont entendu et disent à ma tête qu'elle n'a pas de coeur
Et comme mon coeur n'a pas de couilles, ma tête n'est pas prête d'avoir peur
Moi mes couilles sont tête en l'air et ont un coeur d'artichaut
Et quand mon coeur perd la tête, mes couilles restent bien au chaud
Et si ma tête part en couille, pour mon coeur c'est la défaite
Je connais cette histoire par coeur, elle n'a ni queue ni tête
Moi les femmes je les crains autant que je suis fou d'elles
Vous comprenez maintenant pourquoi chez moi c'est un sacré bordel
J'ai pas trouvé la solution, ça fait moment que je fouille
Je resterai sous le contrôle de ma tête, mon coeur et mes couilles.

# Posté le lundi 21 août 2006 12:18

Rencontres

Rencontres
C'était sur une grande route, je marchais là depuis des jours
Voire des semaines ou des mois, je marchais là depuis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un chemin un peu bizarre, un peu tordu, comme la vie
Évidemment, j'étais pas tout seul, j'avais envie de faire connaissance
Y'avait un tas de personnes et personne marchait dans le même sens
Alors je continuais tout droit mais un doute s'était installé
Je savais pas ce que je foutais là encore moins où je devais aller
Mais en chemin au fil du temps, j'ai fait des sacrées rencontres
Des trucs impressionnants, faut absolument que je vous raconte
Ces personnages que j'ai croisés, c'est pas vraiment des êtres humains
Tu peux parler avec eux mais jamais leur serrer la main
Tout d'abord sur mon parcours j'ai rencontré l'innocence
Un être doux, très gentil mais qui manque un peu d'expérience
On a marché un petit moment, moins longtemps que j'aurais cru
J'ai rencontré d'autres éléments et l'innocence a disparu
A un moment sur mon chemin, j'ai rencontré le sport
Un mec physique, un peu grande gueule mais auprès de qui tu deviens fort
Pour des raisons techniques on a dû se quitter, c'était dur
Mais finalement c'est bien comme ça, pis le sport ça donne des courbatures
J'ai rencontré la poésie, elle avait un air bien prétentieux
Elle prétendait qu'avec des mots on pouvait traverser les cieux
Je lui ai dit "je t'ai déjà croisée et franchement tu vaux pas le coup
On m'a parlé de toi à l'école et t'avais l'air vraiment relou"
Mais le poésie a insisté et m'a rattrapé sous d'autres formes
J'ai compris qu'elle était cool et qu'on pouvait braver ses normes
Je lui ai demandé "tu penses qu'on peut vivre ensemble, je crois que je suis accroc"
Elle m'a dit "t'inquiète, le monde appartient à ceux qui rêvent trop"
Puis j'ai rencontré la détresse et franchement elle m'a saoulé
On a discuté vite fait mais rapidement je l'ai refoulée
Elle a plein de certitudes sous ses grands airs de tension
Mais vous savez quoi, la détresse, elle a pas de conversation
A un moment sur ma route j'ai rencontré l'amour
Je lui ai dit "tiens, tu tombes bien, je veux te parler depuis toujours
Dans l'absolu t'es une bonne idée mais dans les faits, c'est un peu nul
Tu pars en couille une fois sur deux, faudrait que tu retravailles ta formule"
L'amour m'a dit "écoute petit, ça fait des siècles que je fais mon taf
Alors tu me parles sur un autre ton si tu veux pas te manger des baffes
Moi je veux bien être gentil mais faut que chacun y mette du sien
Les humains ne font aucun effort et moi je suis pas un magicien"
On s'est embrouillé un petit moment et c'est là que je me suis rendu compte
Que l'amour était sympa mais que quand même il se la raconte
Puis il m'a dit qu'il devait partir, il avait des rendez-vous par centaine
Et ce soir il devait dîner chez sa demi-soeur, la haine
Avant de partir, j'ai pas bien compris il m'a conseillé d'y croire toujours
Puis il s'est éloigné sans se retourner, c'était les derniers mots d'amour

Je suis content de l'avoir connu, ça je l'ai bien réalisé
Et je sais qu'un de ces quatre, on sera amené à se recroiser
Un peu plus tard sur mon chemin, j'ai rencontré la tendresse
Ce qui reste de l'amour derrière les barrières que le temps dresse
Un peu plus tard, j'ai rencontré la nostalgie
La fiancée des bons souvenirs qu'on éclaire à la bougie
Assez tôt sur mon parcours, j'avais rencontré l'amitié
Et jusqu'à ce jour, elle marche toujours à mes côtés
Avec elle je me tape des barres et on connaît pas la routine
Maintenant c'est sûr, l'amitié, c'est vraiment ma meilleure copine
J'ai rencontré l'avenir, mais il est resté très mystérieux
Il avait la vois déformée et un masque sur les yeux
Pas moyen de mieux le connaître, il m'a laissé aucune piste
Je sais pas à quoi il ressemble mais au moins je sais qu'il existe
J'ai rencontré quelques peines, j'ai rencontré beaucoup de joie
C'est parfois une question de chance, souvent une histoire de choix
Je suis pas au bout de mes surprises, là-dessus y'a aucun doute
Et tous les jours je continue d'apprendre les codes de ma route
C'était une grande route, je marchais la depuis des jours
Voire des semaines ou des mois, je marchais là depuis toujours
Une route pleine de virages, des trajectoires qui dévient
Un chemin un peu bizarre, un peu tordu, un peu comme la vie.

# Posté le lundi 21 août 2006 12:19

Toucher l'instant

Toucher l'instant
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision,
prendre une route parallèle comme une furtive évasion,
on a trempé notre plume mais est-ce vraiment une hérésie de se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie ?

Il existe parait-il un instant dans l'écriture qui oublie la page blanche et efface les ratures,
un véritable état second, une espèce de transe qui apparaît mystérieusement et s'envole en silence.
Que l'on rap ou que l'on slam on recherche ce moment ou il allume une flamme qui nous éclaire brièvement..
Cette flamme est la preuve laisse moi t'en faire une démo qu'il est possible de combattre le mal par les mots.
C'est tout sauf une légende,
on espère juste toucher l'instant des quelques secondes du poète qui échappent à l'espace temps les moments rares et irréels que la quiétude inonde Rudda n'oublie jamais notre parole du bout du monde...
On ressent comme une coupure dans la nuit,
comme un rêve,
on oublie les coups durs de la vie,
comme une trêve,
c'est un phénomène puissant.
Je ne te parle pas d'inspiration,
mais d'un souffle plus profond comme une seconde respiration,
on voit et on entend l'encre devenir vivante,
on goûte et on sent la saveur d'une rime errante,
on touche du doigt l'instant qui nous enveloppe de sa puissance,
c'est sans cesse la renaissance de l'essence même de nos 5 sens.
C'est le moment où l'on passe de l'autre côté des paysages on sympathise avec le vent et on tutoie les nuages,
il fait jour en pleine nuit et il fait nuit en plein jour profite de cet instant il ne durera pas toujours...
C'est tout sauf une légende, on espère juste toucher l'instant,
les quelques secondes du poète qui échappent à l'espace temps,
le moment ou le voile se lève et la magie s'élance là ou j'ai croisé sous les mats le bout sixième silence...
Si on n'a pas atteint le Nirvana on doit en être au seuil,
pourtant je suis simplement assis là devant ma feuille,
peut-être que cet instant n'existe que dans mon esprit et que je suis complètement mythomane lorsque j'écris,
mais laisse-moi mon stylo y a pas moyen que je m'arrête,
j'ai une envie d'écrire comme t'as une envie de cigarette et pour m'enlever ce désir je te demanderai de repasser ...
...car tant que je pourrais écrire je continuerai de penser,
que c'est tout sauf une légende, on espère juste de toucher l'instant des quelques secondes du poète,
qui échappent à l'espace temps,
les moments que l'on redécouvre que l'on connaît plus ou moins,
tu l'as déjà touché Jacky, j'en suis témoin.
On a trempé notre plume dans notre envie de changer de vision,
prendre une route parallèle comme une furtive évasion,
on a trempé notre plume et est-ce vraiment une hérésie de se dire qu'on assume et qu'on écrit de la poésie...?

# Posté le lundi 21 août 2006 12:20

Vu de ma fenêtre

Vu de ma fenêtre
Vu de ma fenêtre, y'a que des bâtiments
Si j'te disais que je vois de la verdure, tu saurais que je mens
Et puis pour voir un bout de ciel, faut se pencher franchement
Vu de ma fenêtre, y'a des petits qui font du skate, ça fait un bruit, t'as mal à la tête
Et puis y'a des gars en bas qui galèrent
Ils sont là, ils font rien, ils prennent l'air
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver
Vu de ma fenêtre, y'a vachement de passage, de Carrefour à la mairie je vois des gens de tout âge
Du métro à la boulangerie, je vois toutes sortes du visages
Et puis en face bien sûr, y'a Vidéo-Futur, toute la nuit, les mecs s'arrêtent devant en voiture
Franchement le patron, il doit être blindé
Moi aussi quand je serai grand, je veux vendre et louer des DVD
Je suis aux premières loges pour les arrachages de portables, j'ai une vue très stratégique
Si j'étais une poukave, je louerais mon appart comme planque aux flics
Vu de ma fenêtre, y'a le café de France, juste en bas, à deux pas
Il est tenu par des Rebeus, j'te jure, ça s'invente pas
Y'a des meufs bien coiffées qui viennent prendre un café, y'a des petits couples sereins qui viennent boire un coup avant d'en tirer un
Et y'a des gentils poivrots qui viennent oublier leurs galères dans la bière
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver
Aux beaux jours, ils mettent même des tables en terrasse
Vu de ma fenêtre, y'a plein de monde au soleil c'est ma classe
Et comme je vois tout, de ma planque, comme un keuf
Mes potes m'appellent avant de venir pour savoir s'il y a de la meuf
Vu de ma fenêtre, celui que je vois le plus souvent c'est Ludo
Il est gentil mais quand tu le croises c'est pas forcément un cadeau
Si tu le supportes pendant une heure, j'te jure t'es costaud
C'est le mec qu'on appelle la cerise sur le ghetto
Vu de ma fenêtre, c'est pas de la télé-réalité, ni un sitcom d'AB Production
Et je vois pas mal de gens qui triment et voient la vie comme une sanction
Et même si face à la galère, ils préfèrent se taire, ils mettent pas de genoux à terre et le poing en l'air ils restent fiers
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver
Parce que oui, vu de ma fenêtre, je vois pas mal d'espoir
Quand je vois le petit blond jouer au foot avec le petit noir
Quand je vois des gens qui se bougent, quand je vois des gens qui se mettent des coups de pied au cul, pour sortir de la zone rouge, et pour que la vie vaille le coup d'être vécue
Quand je vois ces deux hommes qui boivent un coup en riant, alors qu'ils sont soi-disant différents, parce que l'un dit « Shalom » et l'autre dit « Salam » mais putain ils se serrent la main, c'est ça l'âme de mon slam
Je prends ça comme un bon signe, c'est peut-être un espoir infime
Mais je te jure que je l'ai vu, c'est pas pour la rime
Bon c'est vrai que vu de ma fenêtre, je vois aussi la galère, la misère, les suicidaires, et les retours au pays en charter
Mais je suis un putain de rêveur, un grand optimiste, c'est une philosophie qui me suit, alors je me dis que ça peut s'arranger. J'espère donc je suis.
Vu de ma fenêtre, y'a que des bâtiments
Si j'te disais que je vois de la verdure, tu saurais que je mens
Et puis pour voir un bout de ciel, faut se pencher franchement
Mais vas-y viens chez moi, on regardera par la fenêtre. Tu comprendras pourquoi je rigole, pourquoi je crains, pourquoi je rêve, pourquoi j'espère
Surtout le printemps, surtout l'été, surtout l'automne, surtout l'hiver.

# Posté le lundi 21 août 2006 12:21